dimanche 9 juin 2013

#042 // La journée nationale de l'Archéologie 2013.


Si Paris est une ville traversée par l'Histoire, il reste bien peu de vestiges de ses fondements. Les projets d'urbanisation multiples, du Moyen-Age jusqu'à la l'anéantissement/l'embellissement (choisissez) de la ville par le baron Haussmann, nous laissent bien peu de sources archéologiques sur Paris (appelons là Lutèce) durant l'Antiquité, et ses siècles antérieurs. Les reconstitutions sont nombreuses, à partir des quelques vestiges dont nous disposons encore, les plus connus étant bien sur les Arènes de Lutèce dans le Vème arrondissement, ainsi que les Thermes de Cluny. De nombreuses conférences et expositions étaient organisées ce weekend à Paris, pour éclairer le public sur l'archéologie, les buts des recherches, les enjeux, les difficultés rencontrées par la profession, face à l'incessante urbanisation. Et la curiosité des visiteurs s'est tournée vers un site de fouille situé sur l'île de la Cité, ouvert exceptionnellement au public, afin d'y présenter les travail et les objectifs de ce site bien particulier.

Une équipe composée de quelques archéologue y travaillera pendant cinq (petits) mois, dans le but d'y trouver principalement une chose : Des vestiges gaulois. Car si Jules César attribua la Lutèce Gauloise à ce lieu, aucun vestige gaulois n'y fût découvert. Problème. Si la vie gallo-romaine de Lutèce, et son développement au cours du IVème siècle après J.-C n'est plus à démontrer, rien ne nous permet d'établir concrètement l'établissement du peuple Gaulois sur cette île, avant l'entrée des Romain en Gaulle, et l'hypothèse que les origines de la ville se situeraient à Nanterre, est de plus en plus prononcée par quelques archéologues.

Après une bonne demi-heure d'attente, l'on se retrouve face à ce site, et deux archéologues nous présentant chaque recoin de la parcelle de terrain étudiée, et à quoi ces ruines correspondent. Ruines de l'églises Saint-Eloi, tuiles, céramiques, probables séparations entre deux maisons, le niveau antique n'est pas véritablement encore atteint, et il reste encore quelques semaines aux archéologues pour espérer y trouver des éléments permettant gaulois. Les archéologues présents sur place étant dans tous les cas, très ouverts et à l'écoute du public, et venaient jusqu'à la file d'attente communiquer avec les visiteurs, pour pallier l'attente parfois longue sous ce temps pluvieux. Une très bonne expérience, enrichissante, face à ces vestiges qui seront malheureusement recouverts de béton et d'un nouvel immeuble dans les mois à venir. C'est la toute la difficulté rencontrée par les archéologues, étudier les vestiges du passé sans pouvoir empêcher les constructions de l'avenir.

dimanche 26 mai 2013

#041 // Le Musée national Eugène Delacroix.



La question existentielle que se pose chaque dimanche un Parisien est la suivante : Que faire aujourd'hui ? Il peut se rendre au cinéma, subir les bruits de mastication de son voisin et les sonneries de téléphone inévitables. Il peut aller prendre un très putassier "brunch" surtarifé avec ses amis, flâner dans les boutiques des Champs-Elysées mais cela est exclu, aucun parisien ne se rend sur les Champs-Elysées. Il reste les musées ...

Loin des aimants à touristes tels que le Louvre, Orsay et Beaubourg (notez ici que "touriste" n'est pas péjoratif, mais j'entends TRES rarement parler français au sein des collections permanentes du Louvre), je vous présente aujourd'hui le Musée Delacroix, véritable petit havre de paix au sein de la rive gauche. L'artiste dans ses derniers jours, s'est établi 6 Rue de Furstenberg, afin d'être au plus près de Saint-Sulpice ou il réalisa quelques fresques dont la plus connue reste celle de la Lutte de Jacob avec l'ange. Ce musée comprend l'appartement de l'artiste, son jardin ainsi que la visite de son atelier. Ne vous attendez pas à retrouver ses oeuvres les plus connues, ni à trouver La Liberté guidant le peuple (et oui, vous pouvez ranger votre marqueur.) Ce petit musée à taille humaine se visite très rapidement, et à l'avantage de nous plonger dans une certaine intimité avec les travaux de Delacroix. Quelques oeuvres de jeunesses y sont exposées, mais essentiellement de nombreuses esquisses, et objets rapportés par l'artiste au cours de ses voyages.

La visite débute par l'appartement de l'artiste, avant de se poursuivre dans son petit jardin, charmant ou règne un calme absolu. Je m'y suis rendu un dimanche, et c'est très agréable d'avoir pour soi le jardin de Delacroix, de n'entendre ni voiture ni foule, seulement quelques oiseaux et de temps à autre, le son d'un saxophone émit d'une fenêtre aux alentours, ou une personne s'exerçait de temps à autres.  La visite se termine par la visite de son atelier, baigné de lumière ou l'on se projette le temps de quelques minutes, dans la peau de l'artiste réalisant ses dernières oeuvres.

Si le tout se visite assez rapidement et que la note peut paraître salée (5€) si l'on cherche à y voir de nombreuses oeuvres de l'artiste, l'accès au Musée est gratuit pour les moins de 26 ans, étant administrativement rattaché au Louvre depuis quelques années, les exonérations sont sensiblement identiques. L'appartement de Delacroix et son jardin m'ont offert un moment vraiment paisible, embelli par un personnel adorable et à l'écoute.

jeudi 16 mai 2013

#039 : Daft Punk : Random Access Memories


Je troque le morceau de la Tracklist du Vendredi contre une critique musicale de l'album le plus attendu de l'année : Nous y voila, après un Get Lucky diffusé il y à quelques semaines maintenant, en petits morceaux, puis en radio edit avant d'être remixé jusqu'a la nausée par le web toute entier, le dernier album de Daft Punk est écoutable en ligne, avant sa sortie fixée au 21 mai prochain. Leak organisé par Columbia ou véritable fuite ? Peu importe, on se munit d'un casque, et on lance l'écoute d'un album qui ne laissera personne indemne.

Après Homework en 1997, qui marqua profondément la scène de la musique électro Française (et qui est toujours une pure merveille), Discovery, tranchant radicalement avec l'album précédent et inscrivant pratiquement tous ses titres comme cultes, et Human After All, plus décevant, l'on attendait Random Access Memories (RAM) avec beaucoup d'impatience et d'appréhension à la fois. Une chose est sûre, le duo français ne fait jamais deux fois la même chose, et l'on sentait venir l'orientation plus funk, avec la diffusion de Get Lucky. Si l'on abandonnait le délire des voix robotisées hardcore du Human After All (ouf!), je n'adhérais pas  vraiment à Get Lucky, certes dynamique et ensoleillé, mais tant d'attente pour une orientation funky paresseuse, alors que Breakbot était depuis le temps passé par là, mon emballement laissait de plus en plus place à la crainte. 
Il y a quelques jours, tout twitter et facebook s'enflamme. Il parait que l'album aurait leaké, qu'il est désormais écoutable et même téléchargeable. Dubitatif, voir qu'Itunes propose l'album en écoute ne fait plus de place au doute : Random Access Memories est bien là. Moment rare, presque sacralisé, de lancer un nouvel album de Daft Punk, après huit ans d'attente. Et alors ? Voyons ce que ce dernier album à dans le ventre.

L'album démarre en trombe, avec Get Life Back to Music, les voix vocodées apparaissent beaucoup plus humaines que sur les précédents albums, mais le résultat est vraiment satisfaisant, et si ce morceau ne sera certes pas le pilier de l'album, il fait clairement partie de ceux mettant l'ambiance instantanément. 

La suite est un peu plus contrastée avec The game of love, beaucoup plus posée, ou les voix vocodées continuent de pousser la chansonnette, mais le titre est clairement loin d'être marquant, je me suis assez ennuyé pour ma part.

Et là, arrive Giorgio by Moroder, qui fait véritablement décoller l'album. Ce morceau de neuf minutes, est pour moi l'un des plus marquant de l'album. L'introduction, sous la voix de Giorgio, accompagnée d'un métronome dans ses derniers phrases, laisse place par la suite à un morceau totalement surprenant, ou cohabitent pop, électro, jazz, orchestre symphonique, pour un final totalement survolté, faisant clairement ressortir ce morceau du reste de l'album.

L'ambiance s'adoucit avec Within (feat Gonzales), ou une voix vocodée, accompagnée d'un piano, nous accompagne agréablement tout le long du morceau. Très agréable, après la claque prise par Giorgio.

Instant Crush se démarque du reste de l'album, n'aborde pas es traits funky caractéristiques d'autres morceaux, et ne tombe pas dans lés sonorités électro brutes, comme on les entendra dans d'autres. Plus pop, aux sonorités plus "commerciales" à mes oreilles, le titre n'en reste pas moins assez plaisant à écouter, et revient très souvent en tête.

Le morceau suivant est celui qui en fera bouger plus d'un, c'est aussi le morceau que j'ai le moins aimé et de loin, Lose Yourself to Dance. Funky mais rien n'y fait, je n'adhère pas au rythme paresseux, aux voix robotisées ne s'accordant pas à celle de Pharell Williams. 

A ce rythme là, seul Giorgio by Mocoder a réussi à me coller une baffe monumentale, après huit ans d'attente j'en attendais un peu plus de Daft Punk. Mais revers, arrive Touch, et un seul mot me vient à l'esprit. Putain. Pendant huit minutes, j'ai véritablement décollé, j'ai été transporté par l'ambiance cosmique des premières minutes, avant d'être ramené sur terre par le chant de Paul Williams, sans vocoder s'il vous plait ! Puis le piano, les trompettes, les violons s'emballent, le morceau décolle à nouveau, et pourtant, incroyablement rythmé, une grande émotion s'en dégage. Puis arrivent les choeurs, résonant de plus en plus fort, qui m'ont véritablement fait frissonner. Tout s'emballe, la vitesse s'accélère , l'on croit alors se retrouvé propulsé au coeur même d'un morceau de Discovery, avant que l'orchestre symphonique nous rappelle que Daft Punk, ne fait jamais deux fois la même chose. Les choeurs, accompagnent les violons, de plus en plus fort, je me sens alors submergé par l'émotion, et le tout s'arrête brusquement, retour sur le chant de Paul Williams, au piano, qui nous arrache brusquement de ce voyage aux multiples aspect qu'offre ce morceau. Cet atterrissage forcé décuple la claque que donne Touch, qui vaut tout Random Access Memories pour moi, à elle seule.

Fin du voyage. Arrive le fameux Get Lucky. Pas de grandes surprises, la version est plus longue que la radio édit, le tout nous fait machinalement bouger la tête et nous véhicule un peu de soleil, dans ce mois de mai aussi pluvieux que triste. Pas fan, mais le morceau est plaisant et en fera assurément bouger plus d'un.

 Beyond, surprend par son introduction, complètement symphonique et dynamique, comme si la bande originale d'un film Hollywoodien s'était glissée au sein de l'album. Arrive ensuite la seconde partie qui contraste avec cette entrée flamboyante, calme, une sorte de balade nocturne accompagnée des voix robotisées que l'on à maintenant l'habitude d'entendre, moins "humanisées" que celles des morceaux précédents, se rapprochant de celles entendues dans le précédent album. Un morceau vraiment réussi, à l'instrumentalisation vraiment canon.

Arrive Motherboard, qui m'a littéralement transporté. J'y trouve de nombreuses similitudes avec Voyager, et ce morceau m'a véritablement donné l'impression de me trouver au coeur d'un paysage sauvage, naturel, avant une tempête. Arrive l'orage, la pluie qui stoppent véritablement le morceau, avant de le relancer de plus belle, avec cette impression d'une nature renaissante, sous les notes m'évoquant la seconde partie de Voyager.

Fragments of Time, nouvelle collaboration avec Todd Edwards, m'a clairement déçu. Après le cultissime Face to Face de Discovery, j'attendais un morceau moins banal que celui-ci, qui une fois terminé, ne m'a absolument pas marqué. J'aurais du m'en douter, il ne faut jamais s'attendre à retrouver le duo là ou il nous avait laissé.

Doin' It Right, associe très bien voix robotisées avec le chant de Panda Bear. Le morceau ne s'oublie pas et reste en tête, il n'est pas le plus inoubliable pour ma part, mais il ressort clairement du reste.

Contact termine la danse, et dès le début, l'on sait que du bon, du très bon va arriver. Le rythme et l'instrumentation monte sans cesse, pour nous annoncer un final retentissant, nous projetant de nombreuses années en arrière, comme si une partie de Homework se retrouvait dans ce morceau, avant le final, jubilatoire, ou l'on se sent traverser l'atmosphère pour atterrir violemment après ce voyage, que nous a offert Random Access Memories.

Daft Punk encore une fois, m'a surpris. Il est vrai que selon moi, c'est album est assez inégal, il est difficile de percevoir l'homogénéité de l'album mais qu'importe, il offre suffisamment de morceaux exceptionnels se faire une place aux côtés d'Homework et Discovery. Je déplore les critiques assassines lancées contre cet album, les détracteurs se plaignant de ne pas avoir retrouvé Daft Punk dans cet album. Le groupe s'est sans cesse renouvelé à travers ses albums, ceux qui pleurent Discovery étaient les premiers à cracher dessus quand ce dernier est sorti. Attendre un album de Daft Punk est attendre un album bouleversant complètement les règles qui ont été établies par le groupe dans l'album précédent J'ai retrouvé Daft Punk dans cet album, qui à pris des risques, qui s'est renouvelé une fois encore, et m'a complètement transporté. Merci Daft Punk.

mercredi 15 mai 2013

#038 // Julio Le Parc, au Palais de Tokyo.


L'art cinétique est très en vogue ces derniers temps. Dynamo au Grand Palais (et ses affiches placardées dans tout le métro parisien), Soto à Beaubourg, voici enfin Julio Le Parc, exposé au Palais de Tokyo pour quelques jours encore, avec de nombreux autres artistes dans le cadre de Soleil Froid, thème des  expositions temporaires du Palais.

Et Julio le Parc vole (légitimement) la vedette aux autres artistes exposés, puisque la majorité des personnes se dirigent vers l'entrée singulière de son espace d'exposition, composée d'une forêt de miroirs mobiles à franchir (l'effet est d'ailleurs très déstabilisant). La caractéristique de l'art cinétique est de proposer des oeuvres en mouvement, et Julio le Parc pousse ce principe encore plus loin, en favorisant la participation du spectateur, combattant une certaine passivité face aux oeuvres. Si l'on voit tous de la même façon une oeuvre d'art traditionnelle telle une peinture ou une sculpture, nous la percevons tous différemment. Tandis que nous aurons tous notre propre vision d'une oeuvre de Julio le Parc, selon notre sensibilité face à la lumière, notre point de vue par rapport à l'oeuvre, offrant une perception totalement différente de celle-ci. Et l'on se prend très vite au jeu face à ces installations lumineuses, jouant le plus souvent avec le reflet de la lumière, sur de très nombreux supports ajustés à chaque fois de façon à offrir des résultats surprenants, techniquement et esthétiquement.

Plus que l'installation en elle même, les reflets constituent parfois le coeur de l'oeuvre.

Les installations sont ingénieuses, et le résultat obtenue par certaines est tout simplement bluffant. L'exposition se parcourt tel un palais des mystères dans une fête foraine, ou l'on se pose cette unique question avant chaque création "Que vais-je voir avec celle-ci, quel effet cela va avoir sur moi ?" Certaines vous feront véritablement tourner la tête, tandis que d'autres vous surprendrons par le résultat obtenu avec si peu de moyen, faisant de la lumière le matériau principal de l'exposition. Il est préférable de faire l'exposition à plusieurs, le fait d'échanger sur ce que l'on voit et l'on perçoit est très différent selon chaque création, et c'est ce qui fait la force de l'art cinétique, et des créations de Julio le Parc.

L'exposition dédiée aux oeuvres de Julio le Parc est riche et offre suffisamment d'oeuvres pour titiller les yeux de chaque spectateur, à travers des pièces entières jouant avec la lumière, des peintures psychédéliques simulant un mouvement et des installations gigantesques, plongeant une pièce dans une ambiance totalement unique. Elle attire les foules, notamment les familles qui peuvent sensibiliser les enfants à une approche différente de l'art, loin des visites rébarbatives organisées avec l'école. Une question me vient maintenant : Quel personnage avez vous frappé au sein de la salle de jeu, terminant l'exposition ?

J'ai aimé : 

- Une exposition dense.
-Des installations superbes, et qui ne se ressemblent pas.
-Certaines créations vraiment déboussolantes. 
-Accessible à tous (excepté les épileptiques).
-La faire, à plusieurs.

J'ai moins aimé :
-Le bruit de la salle de jeu,  qui résonne à travers toute l'exposition.
-C'est tout.